Edition Edition Juin 2017



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«Notre ambition est d’aller  encore plus loin dans l’amélioration de la maturité numérique de notre pays»

La Gouvernance électronique se définit couramment comme étant l’ensemble des processus mis en œuvre en vue d’une utilisation adéquate des technologies de l’Information et de la Communication :

 

au sein de l’Administration dans les relations de travail entre ses membres avec pour finalité une amélioration substantielle des résultats attendus ;

dans les processus d’offre de services de l’Administration aux citoyens qu’il s’agisse de personnes morales ou physiques. 

 

L’utilisation de ces technologies dans ce contexte a pour entre autres finalités d’améliorer l’offre de services publics, de renforcer la participation citoyenne et de promouvoir l’interaction entre les citoyens et l’Administration.

 

Un ultime objectif : accroître la productivité, réduire les coûts, améliorer la bonne gouvernance et l’efficacité des processus.

La Gouvernance électronique pour une administration numérique érigée en modèle de développement s’élabore à travers un processus en quatre étapes :

 

une phase informationnelle, qui passe par une présence accrue sur le web à travers un site portail statique rendant plus transparent  les informations et les processus administratifs ;

la deuxième phase consiste à amener la première à une phase d’interaction basique avec différents services de l’Administration. Il s’agit par exemple de poser une question et recevoir la réponse correspondante ;

la troisième phase est celle qui permet à l’usager d’effectuer sa transaction en ligne sans avoir besoin de se déplacer ;

enfin, la quatrième phase est celle où les processus administratifs sont pleinement simplifiés, où l’interopérabilité est effective entre les administrations ; elle est considérée comme la phase mature d’une  administration électronique qui exige une volonté politique, la disponibilité de ressources humaines très qualifiées dans le domaine des TIC, et une refonte en profondeur des procédures administratives.   

 

En effet, les usages du numérique connaissent un essor sans précédent et nos sociétés seront de plus en plus tributaires des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Qu’il s’agisse du secteur de l’économie, de l’éducation, de la santé, de la culture, de la gestion des villes, etc. le numérique s’impose comme un accélérateur  et un vecteur de croissance.

 

Dans la plupart des États africains, des programmes de gouvernance électronique sont mis en œuvre à divers degrés. Pour ce qui concerne la Côte d’Ivoire, le Cap a été fixé par le Président de la République, S.E. M. Alassane OUATTARA, qui a l’ambition de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020.

 

Pour créer les conditions qui permettront aux TIC d’accompagner le mieux possible cette ambition, le Gouvernement ivoirien a engagé depuis 2012, un programme d’actions visant à améliorer la maturité numérique du pays à court, moyen et long termes.

 

Ainsi, le développement de l’économie numérique se traduit de jour en jour  par un usage accru des TIC permettant  d’accroître la productivité des entreprises publiques, privées et des personnes, de stimuler la croissance économique, de favoriser la création d’emplois et l’employabilité et d’améliorer la qualité de vie  des citoyens. Cette transformation de notre économie exige au préalable de l’État , d’être un utilisateur modèle des TIC. A ce jour les secteurs de l’Administration générale, de l’éducation, la santé, de l’agriculture, ... sont diversement concernés.

 

Du reste, ces actions menées depuis cinq ans, ajoutées aux nombreux projets réalisés dans le cadre du plan global de développement de l’économie numérique en Côte d’Ivoire, ont permis à notre pays de faire un bond notable dans le classement 2016 de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), relativement à la maturité numérique et à l’appropriation des TIC par les populations. 

 

Désormais, la Côte d’Ivoire se situe au 14e rang sur 46 pays africains classés, après une progression  de 20 places de  2014 à 2017 et de sept places de 2015 à 2016, réalisant ainsi l’une des progressions les plus remarquables de ces dernières années.   

 

Cette amélioration notable du classement de notre pays dans les indices internationaux mesurant la maturité numérique a été rendue possible grâce à la conjugaison de diverses actions dont :

 

l’amélioration de l’environnement réglementaire et juridique de notre Pays ;

le développement rapide de l’accessibilité à travers notamment le lancement des services de mobilité avancée (3G, puis 4G) et la construction en cours du Réseau National haut débit en Fibre optique;

une fiscalité favorable à l’accès (baisse des taxes et droits de douanes) ;

le lancement du projet 1 citoyen, 1 ordinateur, 1 connexion Internet ;

le lancement du projet de construction de cybercentres en zones rurales et péri-urbaines et l’équipement des établissements secondaires publics de salles multimédias ;

une volonté politique affirmée et les réalisations de plus en plus nombreuses du Programme E-Gouv;

le développement des usages à travers un grand nombre d’initiatives privées  (commerce électronique, paiement électronique, centres d’appels, cyber sécurité…), développement favorisé par un environnement parmi les plus attractifs en Afrique.

 

Certes, beaucoup a été fait, mais notre ambition est d’aller encore plus loin dans l’amélioration de la maturité numérique de notre pays, notamment par la vulgarisation des services et des usages.

 

Sur le plan institutionnel, il y aura lieu d’accélérer la mise en œuvre du projet de gouvernance électronique par une plus grande implication de l’ensemble de l’Administration ivoirienne, notamment par la mise en place d’un nouveau cadre de suivi et d’exécution, comprenant notamment des comités dédiés à créer au sein des ministères porteurs de projets ou bénéficiaires.

 

Pour aller plus loin, il convient également de procéder à l’élaboration et l’adoption d’une architecture cible pour l’administration numérique, et de définir des référentiels communs de façon à disposer à terme, d’un système d’information cohérent et efficient pour l’ensemble de l’Administration ivoirienne.

Depuis 2012, la gouvernance électronique a fait du chemin en Côte d’Ivoire, permettant à l’Administration d’être plus efficace, de réaliser des économies et de fournir un meilleur service aux citoyens.